Clause de non garantie des vices cachés

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Un certain nombre de parents aident leurs enfants en leur permettant d’occuper gratuitement un logement dont ils sont propriétaires. Ce geste généreux, appelé hébergement à titre gratuit, peut toutefois avoir des conséquences juridiques, fiscales et successorales qu’il est important de connaître.
Lucie Desmure vous donne les explications.

Hébergement gratuit : de quoi s’agit-il ?

Légalement, il s’agit d’un prêt à usage (ou commodat). Les parents, en tant que propriétaires, prêtent un bien à leur enfant sans contrepartie financière. Cet accord peut être oral, mais il est fortement conseillé de le formaliser par écrit pour éviter tout malentendu.

Les droits des parents en cas d’hébergement à titre gratuit d’un enfant

Dans ce contexte, les parents conservent tous leurs droits sur le logement. Ils peuvent mettre fin à l’hébergement, avec un délai raisonnable, contrôler l’usage du bien, demander un bon entretien, refuser que des tiers s’installent dans le logement. Pour fixer toutes ces règles, il est fortement souhaitable toutefois d’établir une convention d’occupation gratuite.

Quelles sont les conséquences fiscales quand on héberge un enfant à titre gracieux ?

Si l’enfant occupe le logement à titre secondaire et non principal, il devra s’acquitter de la taxe d’habitation (Elle est supprimée uniquement pour les résidences principales). Concernant l’impôt sur la Fortune Immobilière (IFI),  le bien reste dans le patrimoine imposable des parents et ces derniers ne peuvent déduire de charges, puisque le logement ne génère aucun revenu.

Dans l’hypothèse où ils déclarent une pension alimentaire pour l’enfant, l’administration fiscale peut considérer que l’hébergement gratuit est une aide en nature cumulée avec le versement de la pension déclarée, réduisant ou supprimant la déduction fiscale.

Votre notaire à Jassans-Riottier vous informe sur l'hébergement gratuit d'un enfant

N’est-il pas plus simple de louer, à bas prix, le logement à son enfant ?

L’hypothèse d’un loyer inférieur au marché peut sembler plus avantageuse mais elle n’est pas à privilégier. Si les parents abritent leur enfant contre un loyer très bas, ils s’exposent à un redressement fiscal. L’administration est en droit de leur réclamer l’impôt dû pour un loyer correspondant au prix du marché. Par ailleurs, la différence entre ce dernier et le montant versé par l’enfant risque en outre d’être considérée comme une libéralité rapportable à la succession…

Et en cas de succession ?

Au décès des parents, l’hébergement gratuit peut entraîner des conséquences sur le partage de l’héritage. Si l’un des enfants a occupé gratuitement le bien pendant plusieurs années, cela peut être considéré comme une donation indirecte. Lors du partage, les autres héritiers (frère, sœur) peuvent demander que cet avantage soit réintégré dans la succession pour garantir l’égalité entre tous.  Or, les parents n’ont pas nécessairement entendu faire une donation. Ils ont pu simplement vouloir aider leur enfant dans le besoin, comme la loi les y oblige en cas de ressources insuffisantes.

Le recours à un notaire permet de prévenir les erreurs

Pour prévenir ces situations, le recours à un notaire est conseillé pour sécuriser l’aide apportée à l’enfant et préserver la paix familiale. Cela permettra d’éviter toute erreur de formulation susceptible de remettre en cause la volonté des parents. Si ces derniers ont souhaité faciliter la vie de leur enfant sans qu’il y ait d’incidence sur la succession, il conviendra d’établir une convention de « prêt à usage ». car le prêt n’est pas une libéralité et ne donne pas lieu au rapport successoral.

Héberger gratuitement un enfant dans un autre logement est ainsi un acte généreux, qui peut avoir des implications juridiques, fiscales et successorales importantes.

Votre notaire, Lucie Desmure à Jassans-Riottier, est à votre écoute pour vous aider à anticiper ces conséquences pour préserver vos droits, pour éviter les litiges entre héritiers, afin d’assurer une transmission équitable du patrimoine.